S’engager pour de vrai, quand les oiseaux refusent de faire de la com
Savoir choisir de bons alliés est essentiel pour une association engagée. Malgré une proposition séduisante de l’agence de communication Touch, le GODS a préféré décliner : l’entreprise n’est pas reconnue pour son engagement écologique. Fidèle à ses valeurs, le GODS refuse tout risque de greenwashing.
Greenwashing, Quand l’écologie devient un outil marketing
Le greenwashing est une stratégie marketing utilisée pour donner à un produit, un service ou même une entreprise une image éco-responsable, très souvent trompeuse. Concrètement, cela signifie que la communication de l’entreprise met en avant des arguments écologiques alors qu’en réalité, leurs actions sont à peine perceptibles, voire totalement absentes. Dans notre situation, la proposition émanant de l’entreprise Touch pourrait être perçue comme une forme de greenwashing. En effet, l’entreprise n’est pas réputée pour ses initiatives écologiques. Elle a plusieurs fois utilisé des termes ou des designs se voulant « verts » sans pour autant indiquer si ses méthodes ou ses actions sont réellement plus respectueuses de l’environnement. De plus, en tant qu’agence, elle n’a pas rendu public de bilan carbone ou de charte de Responsabilité Sociétale des Entreprises, ce qui rend difficile la mesure de son engagement réel. Nous sommes totalement légitimes d’avoir ces inquiétudes.
Une étude menée par Ivalua en janvier 2024 explique que “plus de la moitié des organisations s’inquiètent du risque d’écoblanchiment ou de greenwashing involontaire”; notamment en raison des difficultés à rendre compte, avec précision, des émissions du Scope 3, c’est-à-dire toutes les émissions indirectes associées aux activités de l’entreprise, qui représentent souvent la plus grande partie de leur empreinte carbone. Nos adhérents et nos valeurs sont notre priorité ! L’entreprise Touch se doit d’agir de manière plus transparente pour écarter toute mauvaise interprétation. Cependant, leur proposition étant particulièrement attrayante, nous avons pris le temps de bien réfléchir avant de prendre une décision.
Et si la fin devait justifier les moyens ?
Il est vrai que nous avons rencontré des difficultés par le passé. Après tout, nous sommes une association locale dont la moyenne d’âge des membres approche de la quarantaine et dont le cœur de nos activités repose sur la préservation des oiseaux. Sans même avoir à émettre de longues réflexions, il est naturel de penser que cette image n’est pas très vendeuse surtout lorsque que l’on veut attirer un public plus jeune. En effet, afin que les valeurs écologiques ne s’éteignent lentement au fur et à mesure que le temps avance, il est essentiel que ses idées soient transmises aux jeunes générations. Malheureusement, nous peinons à les attirer. Nous sommes pourtant convaincus que les jeunes portent un véritable intérêt pour la cause environnementale. D’après une étude de 2020 du Centre de Recherche pour l’Étude et l’Observation des Conditions de Vie (CREDOC) croisant plusieurs enquêtes de l’ADEME et du CREDOC publié sur le site de l’APPA(Association pour la Prévention de la Pollution Atmosphérique), 6276 de jeunes de la tranche 15-30 ans ont été interrogés. Parmi eux, 12 % font partie d’une association de préservation de l’environnement contre 3% en 2016. (CREDOC, 2020).
Avoir une communication qui pourrait toucher cette jeunesse engagée ne peut être que bénéfique pour nous. Malgré cela, nous resterons fermes sur nos engagements. Au vu de ce que nous avons observé sur l’entreprise Touch, nous ne voulons pas prendre de risque. Cependant, nous ne sommes pas fermés à l’idée même de collaborer.
Pour le meilleur mais pas pour le pire
Nous avons choisi de refuser la proposition de collaboration de Touch, non conforme avec nos valeurs, pas les propositions de collaboration. Nous sommes fondamentalement ouverts à l’entraide et aux actions communes, mais avec des associations ou des entreprises partageant vraiment nos valeurs. De nombreuses organisations sont engagées au quotidien et font un travail magnifique. Nous préférons les soutenir vraiment plutôt que prêter notre image à des entreprises ayant pour unique but de se servir de la biodiversité à leurs fins.
Nous sommes même prêts à épauler des associations qui n’agissent pas dans le même écosystème que nous. WWF France œuvre par exemple remarquablement bien en faveur de la vie marine et de la biodiversité. Ils pensent également que la transition énergétique ne doit pas se faire au détriment de la protection de la biodiversité.
En effet, WWF France souligne que le développement de l’éolien offshore doit impérativement se faire hors des zones écologiquement sensibles, telles que les Aires Marines Protégées et les sites Natura 2000. Le rapport du CNRS de 2022 met en lumière les impacts significatifs de l’éolien sur la faune locale, en particulier sur les oiseaux marins. En mer, les effets concernent les risques de collisions ainsi que les perturbations d’habitats, qui sont considérables. Chez certaines espèces, ces perturbations peuvent aller jusqu’à menacer la viabilité même de leur population. C’est en collaborant avec des organisations comme WWF France, œuvrant en accord avec nos valeurs, que nous affirmons notre engagement envers des actions authentiques et respectueuses de l’environnement.
Deborah, Raphaël & Roy
